Comité
pour l'élimination de la discrimination
à l'égard des femmes
Vingt-neuvième session
30 juin -18 juillet 2003
Projet
de rapport
Examen
des rapports présentés par les États parties
Rapporteur
: Mme Christine
Kapalata
France
Troisième et quatrième rapports combinés
et cinquième rapport périodique
1. Le Comité a examiné les troisième et quatrième
rapports combinés ainsi que le cinquième rapport
périodique de la France (CEDAW/C/FRA/3, CEDAW/C/FRA/3-4/Corr.1
et CEDAW/C/FRA/5) à ses 614e et 615e séances, le
3 juillet 2003.
I. Introduction
par l'État partie
2.
En présentant les troisième, quatrième et
cinquième rapports périodiques, qui couvrent la
période allant de 1993 à 2002, la représentante
de la France a évoqué les nouvelles orientat ions
suivies depuis avril 2002 concernant la mise en oeuvre de la Convention,
tout en soulignant que le Gouvernement restait attaché
au respect du droit national, européen et international.
3. Le Ministère délégué á la
parité et de l'égalité professionnelle, qui
est rattaché au Ministère des affaires sociales,
du travail et de la solidarité, disposait d'un service
central et d'un réseau local de déléguées
régionales et chargées de mission départementales,
et collaborait étroitement avec d'autres ministères
et des délégations parlementaires. Il présidait
trois structures consultatives - le Conseil supérieur de
l'égalité professionnelle; le Conseil supérieur
de l'information sexuelle, de la régulation des naissances
et de l'éducation familiale; la Commission nationale de
lutte contre les violences - ainsi que l'Observatoire de la parité,
créé en 1995 par le chef de l'État.
4. En
ce qui concerne la définition de l'égalité
et de la non -discrimination, des modifications ont été
apportées au Code du travail afin d'introd uire la notion
de discrimination indirecte dans le droit français, conformément
aux directives pertinentes de l'Union européenne, et le
Code pénal a été modifié en conséquence.
Une directive européenne de 2002 relative à la mise
en oeuvre du principe de l' égalité de traitement
entre hommes et femmes pour ce qui est de l'accès à
l'emploi et à la formation, des perspectives de carrière,
ainsi que de l'amélioration des conditions de travail,
a jeté les bases d'une conception qualitative de l'égalité.
5. La question de la parité dans la prise de décisions,
en particulier dans la vie politique, a fait l'objet ces dernières
années d'un intense débat. En 1999, une révision
de la Constitution a consacré le principe de l'égalité
d'accès des femmes et des hommes aux man dats électoraux
et aux fonctions électives. Une loi, promulguée
l'année suivante, a fait de la France le premier pays à
opter pour la parité (50 % de candidats de chaque sexe).
Aux élections municipales de mars 2001, les femmes ont
obtenu 47,5 % des sièges de conseiller, mais 6,6 % seulement
des maires des communes sont des femmes. Lors des élections
sénatoriales de 2001, le pourcentage des femmes élues
a atteint 21,5 %. En revanche, lors des élections législatives
de 2002, il n'a pas dépassé 12,3 %. Des me sures
sont aujourd'hui à l'étude en vue d'encourager les
partis politiques à s'efforcer d'améliorer cette
situation, et un rapport d'évaluation doit être présenté
au Parlement en 2003. De plus, tous les ministères s'emploient
activement à assurer la parité dans la fonction
publique, en adoptant des plans d'action, en créant des
commissions paritaires et en prenant d'autres mesures propres
à améliorer l'accès des femmes à des
postes plus élevés.
6. Les stéréotypes et les images dévalorisantes
de la femme demeurent une préoccupation constante. La législation
en vigueur réprime l'incitation à la discrimination,
à la haine ou à la violence à l'égard
d'une personne ou d'un groupe de personnes en raison de différents
motifs, mais non l'incitation à la discrimination fondée
sur le sexe. Une réflexion sur les mesures qui pourraient
être prises à cet égard a été
engagée avec les ministères compétents et
des représentants des médias.
7. La représentante de la France a noté que son
pays avait ratifié en 2002 la Convention des Nations Unies
contre la criminalité transnationale organisée et
son protocole additionnel visant à prévenir, réprimer
et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et
des enfants. La loi pour la sécurité intérieure
qui a été promulguée en co nséquence
en 2003 a érigé en infraction la traite des êtres
humains. Faisant fond sur les travaux antérieurs en faveur
des victimes de la traite et de l'exploitation sexuelle, la nouvelle
loi prévoit qu'une autorisation provisoire de séjour
pourra être délivrée à toute victime
qui porte plainte ou témoigne en justice contre toute personne
qu'elle accuse de proxénétisme. Cette nouvelle loi
est l'une des plus sévères en Europe à l'égard
de ceux qui exploitent des personnes prostituées. Elle
est complétée par un programme interministériel
de lutte contre la traite et l'exploitation sexuelle d'êtres
humains axé sur la prévention, la répression
et la réinsertion sociale.
8. L'action
en faveur de l'éducation des femmes et des filles repose
sur une convention intermin istérielle pour la promotion
de l'égalité des chances entre les femmes et les
hommes, les filles et les garçons, signée en 2000,
et s'articule autour de trois grands axes : améliorer
l'orientation scolaire et professionnelle; renforcer les outils
de promot ion de l'égalité; et promouvoir une
éducation fondée sur le respect mutuel des deux
sexes, notamment en luttant contre toutes les formes de discrimination
et de violence. De nouvelles initiatives ont été
prises pour encourager, en particulier, les efforts visant à
améliorer la participation des femmes dans les disciplines
scientifiques.
9. La représentante a fait remarquer qu'en dépit
des progrès considérables accomplis par les femmes
dans le domaine de l'emploi et le fait qu'elles représentent
désormais 45,9 % des actifs, des inégalités
persistent car elles restent sous -représentées
dans les professions les plus qualifiées et le taux de
chômage des femmes est proportionnellement plus élevé
que celui des hommes. Des lois et autres dispositions visant
à renforce r le dialogue social sur l'égalité
professionnelle et dans le secteur des entreprises ont été
adoptées, et les négociations entre les partenaires
sociaux dans les domaines de l'égalité des chances,
de la formation continue et de l'organisation du travail bénéficieront
d'une attention prioritaire. Une politique publique axée
sur la lutte contre le chômage de longue durée
pour les femmes et d'autres dispositions ont été
mises en oeuvre pour favoriser leur accès à des
postes d'encadrement dans les entreprises. La législation
interdisant le travail de nuit des femmes a été
modifiée afin de la mettre en conformité avec
le droit européen et international et une loi sur le
harcèlement sexuel a été promulguée.
10. Le Gouvernement s'est également préoccupé
de la violence à l'égard des femmes. Sur la base
des résultats d'une enquête nationale réalisée
en 2000 à la demande des pouvoirs publics, un plan d'action
triennal a été lancé, lequel envisage également
des campagnes d'information, et un soutien financier pour les
associations d'aide aux femmes victimes de violence. La législation
civile et pénale prévoit des sanctions et les
droits des victimes sont mis en lumière tant au niveau
des gendarmeries qu'au cours de la procédure judiciaire,
notamment dans les situations de violence familiale ou d'actes
de violence commis par le conjoint. Des mesures ont été
récemment prises pour lutter contre les violences subies
par les jeunes filles issues de l'immigration, en facilitant
leur accès à la justice.
11. La représentante a souligné que la politique
de la France en matière de santé visait à
prendre en compte l'aspect sexospécifique et l'objectif
d'égalité entre les femmes et les hommes. Cette
approche exige que l'on accorde une attention toute particulière
aux problèmes qui sont spécifiques aux femmes,
comme la grossesse, l'accouchement, les cancers féminins
ou la ménopause, ainsi qu'à ceux qui, sans leur
être propres, les concernent de plus en plus, en particulier
le sida, la toxicomanie et le tabagisme. S'agissant de la santé
en matière de reproduction, la priorité a été
accordée à la prévention des grossesses
non désirées. Compte tenu du taux élevé
de grossesses chez les mineures, l'accent a été
mis sur l'amélioration de l'éducation
sexuelle et l'information sur les méthodes de contraception
pour les jeunes scolarisés et pour les filles issues
de l'immigration. En matière d'interruption
volontaire de grossesse (IVG), la loi a été modifiée
pour allonger le délai légal de recours à
l'IVG de 10 à 12 semaines et l'information destinée
aux femmes a été complétée pour
prendre en compte les besoins particuliers des mineurs.
12. Les lois d'orientation de 1999 et de 2001 ont contribué
à améliorer la situation des femmes agricultrices,
notamment en ce qui concerne la question des droits à
pension. Le Ministère de l'agriculture met en uvre
un programme intitulé " femmes, formation et emploi
en milieu rural " qui vise à promouvoir l'égalité
entre les femmes et les hommes dans les campagnes.
13. La loi de 2002 a consacré la notion de coparentalité
dans le Code civil, et prévoit des droits et responsabilités
identiques pour les deux parents dans l'éducation de
leur enfant. En conséquence, la représentante
de la France a annoncé que la France avait l'intention
de lever la réserve qu'elle avait formulée aux
articles 5 (b) et 16, paragraphe 1 (d) de la Convention. Le
thème de l'articulation de la vie familiale et de la
vie professionnelle demeure au coeur de la question de l'égalité,
dans la mesure où l'essentiel des tâches domestiques
et des soins familiaux repose encore sur les femmes. Des mesures
telles que le congé de paternité, la promotion
de services à la famille et à la parentalité
et des horaires de travail plus souples ont pour but de favoriser
le partage de ces responsabilités.
14. Pour conclure, la représ entante a noté que
parmi les défis à relever, il faudra s'attacher
essentiellement à combler le fossé entre une égalité
" de droit " et une égalité réelle
et instaurer une démocratie moderne et paritaire où
les femmes disposent des mêmes droits et d'une mê
me égalité des chances que les hommes. À
cet égard, le Gouvernement entend privilégier
l'intégration des jeunes filles issues de l'immigration,
l'élimination de la violence à l'égard
des femmes, la lutte contre la traite des femmes et leur exploitation
sexuelle, l'investissement dans les jeunes générations
et la participation croissante des femmes au secteur technologique.
II.
Observations finales du Comité
Introduction
15.
Le Comité félicite l'État partie pour l'élaboration
et la présentation de ses troisième et quatrième
rapports périodiques combinés ainsi que de son cinquième
rapport périodique, qui sont conformes à ses directives
concernant l'établissement des rapports. Il le félicite
pour ses réponses écrites aux questions et points
soulevés par le Groupe de travail présession du
Comité.
16. Le Comité rend hommage à l'État partie
pour le niveau élevé de représentation de
sa délégation dirigée par la Ministre déléguée
à la parité et à l'égalité
professionnelle. Il est sensible au dialogue franc et constructif
qui s'est instauré entre la délégation et
les membres du Comité.
17.
Le Comité note l'intention déclarée de l'État
partie de lever ses réserves à l'alinéa b)
de l'article 5 et à l'alinéa d) du paragraphe 1
de l'article 16 de la Convention.
Aspects
positifs
18.
Le Comité accueille avec satisfaction l'adhésion
de l'État partie, en juin 2000, au Protocole facultatif
se rapportant à la Convention sur l'élimination
de toutes les formes de discrimination à l'égard
des femmes ainsi que l'acceptation, en août 1997, de l'amendement
au paragraphe 1 de l'article 20, concernant le calendrier des
réunions du Comité.
19. Il prend note avec un vif intérêt de l'amendement
constitutionnel, adopt en juin 1999, et de la loi du 6 juin 2000
sur la parité, qui fixent le principe de l'é galité
d'accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux
et aux postes électifs, aux fins d'une participation équilibrée
des hommes et des femmes à la vie politique.
20. Le Comité se félicite de l'établissement
par l'État partie du " jaune budgétaire ",
document qui servira d'outil pour analyser les mesures budgétaires
prises par l'État pour que l'égalité entre
les femmes et les hommes devienne effective dans chaque ministère.
21. Le Comité se félicite de l'adoption par l'État
partie de la loi No°2002 -305 relative à l'autorité
parentale, qui envisage l'application de la notion d'exercice
conjoint de l'autorité parentale fondée sur trois
principes : égalité entre les parents, égalité
entre les enfants et droit de l'enfant à ses deux parents.
22. Le Comité apprécie les efforts déployés
par l'État partie pour créer un Conseil national
de la parité, qui devrait voir le jour en 2003, et qui
réunira des représentants du gouvernement et de
la société civile chargés de formuler des
politiques sur l'égalité entre les sexes et la promotion
de la femme.
Principaux
sujets de préoccupation et recommandations du Comité
23.
Tout en se félicitant de la volonté déclarée
de l'État partie de lever ses réserves à
l'alinéa b) de l'article 5 et à l'alinéa
d) du paragraphe 1 de l'article 16 de la Convention, le Comité
est préoccupé par le fait qu'il n'ait pas manifesté
son intention de lever celles formulées aux alinéas
c) et h) du paragraphe 2 de l'article 14 et à l'alinéa
g) du paragraphe 1 de l'article 16 de la Convention.
24. Le Comité exhorte l'État partie à prendre,
sans tarder, les mesures nécessaires pour lever toutes
ses réserves à la Convention.
25. Sans nier qu'une grande diversité de mesures et de
programmes sur l'égalité entre les sexes ont été
mis en oeuvre, le Comité demeure préoccup é
par l'absence de suivi et d'évaluation de leurs incidences
et résultats.
26. Le Comité prie instamment l'État partie de procéder
à des évaluations régulières des incidences
de ces mesures et programmes et d'envisager
de les améliorer sur la base des enseigne ments qui en
auront été tirés.
27. Le Comité constate avec regret que, même si l'article
55 de la Constitution accorde la primauté à la Convention
par rapport à la législation nationale, aucune décision
judiciaire ne fait référence à la Convention.
28. Le Comité recommande à l'État partie
de prendre des mesures pour sensibiliser les autorités
judiciaires, les procureurs et les avocats aux dispositions de
la Convention et de son Protocole facultatif.
29. Le Comité déplore l'insuffisance de statistiques
ventilées selon le sexe figurant dans le rapport, quel
que soit le domaine abordé.
30. Le Comité recommande à l'État partie
de rassembler et d'analyser toutes les données ventilées
par sexe disponibles sur la condition de la femme.
31. Le Comité trouve regrettable que les femmes demeurent
sous -représentées aux postes de responsabilité
dans la plupart des secteurs, notamment la fonction publique,
le service diplomatique et les milieux universitaires.
32. Le Comité invite l'État partie à prendre
des mesures pour améliorer l'accès des femmes aux
postes de responsabilité. Il recommande l'adoption de mesures
audacieuses pour encourager un plus grand nombre de femmes à
postuler à des postes de catégorie supérieure,
et si nécessaire, la mise en place de mesures temporaires,
comme prévu au paragraphe 1 de l'article 4 de la Convention.
33. Tout en se félicitant de l'adoption de mesures législatives
et réglementaires sur l'égalité des chances
entre les hommes et les femmes, le Comité constate avec
inquiétude qu'elles sont toujours surreprésentées
parmi les chômeurs et dans les emplois à temps partiel
et à durée déterminée. Il est également
préoccupé par la discrimination à laquelle
elles continuent d'être confrontées sur le plan des
salaires.
34. Le Comité demande à l'État partie d'adopter
de nouvelles mes ures en faveur de l'emploi des femmes, en vue
de leur garantir, si elles le souhaitent, un accès aux
emplois à temps plein et permanent et de promouvoir le
principe du salaire égal pour un travail égal.
35. Le Comité se dit inquiet de la précarité
actuelle et potentielle des femmes plus âgées en
raison des multiples formes de discriminations auxquelles elles
ont été soumises tout au long de leur vie active.
Il craint également que la restructuration du régime
de sécurité sociale ait des conséquences
plus préjud iciables pour les femmes que pour les hommes.
36. Le Comité recommande à l'État partie
de cerner les besoins des femmes âgées et d'élaborer
des mesures qui tiennent notamment compte de leur état
de santé et de leur situation sur le plan affectif et économique
afin d'éviter qu'elles ne se retrouvent dans la misère
et l'isolement. Il lui recommande également de tenir compte
tant des tâches rémunérées que non
rémunérées des femmes ainsi que de leurs
responsabilités familiales lors de la modification des
mesures juridiques et politiques afin d'éviter toute discrimination
effective.
37.
Le Comité trouve regrettable que les pratiques coutumières
traditionnelles, y compris la polygamie, continuent d'exister
dans les territoires français d'outre-mer, en violation
des dispos itions de la Convention.
38. Le Comité prie l'État partie de renforcer l'application
des dispositions de la Convention dans les territoires français
d'outre -mer. Il l'exhorte également à diffuser
des informations sur la Convention et sur son Protocole facultatif
dans ces territoires.
39. Le Comité note avec inquiétude que l'âge
minimum légal du mariage est fixé à 15 ans
pour les filles et à 18 ans pour les garçons.
40. Le Comité incite vivement l'État partie à
prendre des mesures pour relever l'âge minimum légal
du mariage pour les filles afin de le mettre en conformité
avec l'article premier de la Convention relative aux droits de
l'enfant au sens duquel un enfant s'entend de tout être
humain âgé de moins de 18 ans, et avec le paragraphe
2 de l'article 16 de la Convention sur l'élimination de
toutes les formes de discrimination à l'égard des
femmes.
41. Tout en prenant acte des initiatives lancées pour éliminer
les stéréotypes le Comité reste préoccupé
par la persistance des attitudes stéréotypées.
42. Le Comité recommande à l'État partie
de redoubler d'efforts, notamment en renforçant les mesures
législatives afin de prévenir toute représentation
négative et discriminatoire des femmes dans les médias,
de modifier les images stéréotypées ainsi
que les comportements et la concept ion discriminatoires du rôle
et des responsabilités des femmes, des filles, des hommes
et des garçons tant au sein de la famille que de la société.
43. Le Comité note avec préoccupation que l'article
18 de la loi sur la sécurité intérieure vise
notamment le racolage passif, et qu'il peut donc s'appliquer également
à toute femme qui ne se livre pas à une telle activité.
44. Le Comité prie l'État partie de veiller à
ce que l'article 18 de la loi sur la sécurité intérieure
soit appliqué de manière non discriminatoire et
de façon à respecter pleinement les droits fondamentaux
des femmes concernées.
45. Tout en louant l'État partie pour les mesures qu'il
a prises en vue de lutter contre le trafic de femmes et de filles,
notamment par des sanctions pénales contre les auteurs
de trafic d'êtres humains, le Comité se dit inquiet
de l'insuffisance de mesures appropriées pour protéger
les victimes, notamment étrangères, qui ne témoignent
pas contre les trafiquants.
46. Le Comité invite instamment l'État partie à
garantir que les femmes et les filles victimes de trafic reçoivent
le soutien nécessaire, y compris par des mesures de protection
des témoins et de réintégration sociale.
Il lui recommande d'envisager de délivrer une carte de
résident aux victimes de trafic, qu'elles acceptent o u
non de témoigner contre les trafiquants, et que les coupables
soient punis ou pas.
47. Le Comité est inquiet de la discrimination persistante
à l'égard des migrantes, des réfugiées
et des femmes appartenant à des minorités qui souffrent
de formes multiples de discrimination fondées sur le sexe,
l'origine ethnique ou la religion, dans la société
en général comme au sein de leur communauté.
Il déplore le
peu d'informations fournies dans les rapports en ce qui concerne
la violence, notamment familiale, à l'égard des
femmes et des filles issues de l'immigration.
48. Le Comité prie l'État partie de prendre des
mesures efficaces pour éliminer la discrimination à
l'égard des migrantes, des réfugiées et des
femmes appartenant à des groupes minoritaires, tant dans
la société en général qu'au sein de
leur communauté. Il engage vivement l'État partie
à respecter et à défendre les droits fondamentaux
des femmes à l'égard des pratiques culturelles discriminatoires
et à prendre des dispositions efficaces et préventives,
notamment à mettre en place des programmes de sensibilisation
pour mieux faire comprendre la nécessité de lutter
contre les comportements patriarcaux et les rôle stéréotypés
en vue d'éliminer la discrimination à l'égard
des femmes vivant dans des communautés issue s de l'immigration
ou de groupes minoritaires. Le Comité recommande également
à l'État partie d'entreprendre des études
sur la question de la violence à l'égard des femmes
et des filles issues de l'immigration et d'adopter des politiques
et des programmes pour résoudre judicieusement ce problème.
49. Le Comité s'inquiète de l'absence d'informations
fournies dans les rapports en ce qui concerne le tabagisme et
la toxicomanie parmi les femmes.
50. Le Comité demande que des informations et des données
ventilées par sexe et par âge sur le tabagisme et
la toxicomanie figurent dans le prochain rapport ainsi que, compte
tenu de sa recommandation générale 24 sur les femmes
et la santé, sur toutes les mesure adoptées pour
combattre ces fléaux.
51. Le Comité prie l'État partie de répondre
aux préoccupations exprimées dans les présentes
observations finales dans son prochain rapport périodique
qui doit être soumis en 2005, en application de l'article
18 de la Convention.
52. Tenant compte des dimensions sexospécifiques des déclarations
, programmes et programmes d'action adoptés par les conférences,
sommets et sessions extraordinaires des Nations Unies (comme la
vingt et unième session extraordinaire de l'Assemblée
générale consacrée à l'examen et à
l'évaluation de la mise en oeuvre du Programme d'action
de la Conférence internationale sur la population et le
développement, la vingtseptième session extraordinaire
consacrée aux enfants, la Conférence mondiale contre
le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et
l'intolérance qui y est associée, et la deuxième
Assemblée mondiale sur le vieillissement), le Comité
demande à l'État partie d'inclure, dans son prochain
rapport périodique, des informations sur l'application
des aspects de ces documents relatifs aux articles pertinents
de la Convention.
53. Le Comité demande que les présentes observations
finales soient largement diffusées dans le pays et dans
ses territoires d'outre -mer afin que les Français et les
populations de ces territoires, en particulier les fonctionnaires
et les resp onsables politiques, soient informés des mesures
prises ou envisagées pour assurer l'égalité
de jure et de facto des femmes. Il demande également à
l'État partie de continuer à diffuser largement,
en particulier
auprès des organisations féminines et des organisations
de défense des droits de l'homme, le texte de la Convention
et de son Protocole facultatif, et les recommandations générales
du Comité, ainsi que la Déclaration et le Programme
d'action de Beijing et les résultats de la vingt -troisième
session extraordinaire de l'Assemblée générale
intitulée " Les femmes en l'an 2000 : égalité
entre les sexes, développement et paix pour le XXIe siècle
".
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