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Statement by Wassyla Tamzali, Collectif Magrhed Egalite-95
To the Committee on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women
On the Second Periodic Report of the Government of Algeria
10 January 2005


Merci madame la Présidente de nous donner la parole. C’est au nom du Collectif Maghreb égalité 95, du Centre d’information sur les droits de l’enfant et de la femme pour l’Algérie, d’associations et de groupes de femmes algériennes que nous nous exprimons devant vous.

En 1999 vous avez examiné le rapport initial de l’Algérie. Vous aviez exprimé alors vos préoccupations devant les réserves et la situation des femmes algériennes, notamment dans la famille.

Cinq ans après vous avez devant vous un deuxième rapport. Rien n’a changé,vous êtes devant le même corpus juridique, exception faite pour le harcèlement sexuel qui a été introduit cette année dans le code pénal.

Que peut-on dire sur la période qui s’est écoulée?

Nous ouhaitons extraire du rapport alternatif et vous présenter trois points prioritaires, suivis de recommandations afin d’apporter notre contribution à vos travaux.

Préalablement nous souhaitons dire que la ratification toute limitée soit-elle, est positive car elle permet par le jeu des rapports alternatifs de rendre visibles les femmes algériennes dans cette enceinte, et d’engager à travers votre Comité un dialogue avec le Gouvernement algérien.

Premier point: Une politique de promesses

Dès l’année suivant la ratification de 1996, le Gouvernement algérien a déposé un avant projet de loi au bureau du Parlement pour amender le Code de la famille.

En 1999 lors de l’examen du rapport initial, à vos questions, le Gouvernement algérien en avait fait état devant vous.

Aujourd’hui, dans ces réponses au groupe de travail pré session, à vos mêmes questions, le Gouvernement algérien répond que les Codes de la famille et de la nationalité vont être amendés, et que les réserves seront levées. Ici même, le 1° novembre 2004, le Représentant de l’Algérie réaffirmait cet engagement.

A notre départ d’Alger le 5 janvier 2005 rien n’avait été fait. Le projet de loi évoqué n’avait toujours pas été adopté par le conseil des Ministres et encore moins déposé devant le Parlement. Nous attendons les nouvelles déclarations du Gouvernement à ce sujet.

Deuxième point: Le contenu des promesses

On nous dit que les amendements seraient à même de faire lever les réserves. Or de c e que nous savons ils maintiendraient dans le code de la famille des dispositions lourdement discriminatoires et fondamentalement opposées à l’objet de la Convention. On propose pour la polygamie de la rendre plus compliquée mais on en maintient le principe. On maintient la répudiation. On supprime le tuteur mais on le réintroduit comme une capacité des femmes de se faire représenter. Voilà de quoi justifier la présence du tuteur devant l’officier d’état civil.

Certes, nous reconnaissons que certaines améliorations sont proposées, comme la suppression du devoir d’obéissance, la co-gestion dans le ménage, mais cela n’est pas suffisant. Et cela ne permettra pas de lever les réserves..

Troisième point: L’absence d’une politique pour la promotion des droits des femmes et l’amélioration de leur condition

En dehors du problème du Code de la famille que le Gouvernement algérien et une grande partie de la classe politique algérienne lient aux valeurs musulmanes, il reste des domaines où le Gouvernement pourrait s’engager et se conformer aux dispositions de la Convention. Il pourrait par exemple prendre des mesures temporaires ou incitatives pour renforcer les femmes dans la vie économique. Nous savons qu’il n’y a pas de discriminations légales, mais la situation économique des femmes est très préoccupante. Par rapport au rapport initial nous pouvons dire que la situation économique algérienne a changé, et que le libéralisme à modifier sensiblement le nombre de femmes actives. Aujourd’hui il y a plus de femmes demandeuses d’emplois, et il y a donc plus de chômeuses. Que fait l’Etat spécifiquement pour les femmes?

Dans la vie politique, les femmes jouissent des même droits formels que les hommes, mais elles sont très peu présentes. Que pourrait faire l’Etat? Des femmes, de tous les partis politiques, réunies cet été ont identifié des moyens comme par exemple les quotas. Seront6elles écoutées?

Quatrième point: dialogue pouvoirs public et société civile

Qui écoutent les femmes ? Nous voulons poser ici la question de la participation de la société civile, et le soutient qu’elle pourrait apporter aux actions du Gouvernement en faveur de l’égalité. Nous pouvons dire que le Gouvernement agit sans concertation, pour exemple le rapport du Gouvernement au CEDAW n’a fait l’objet d’aucune consultation avec le mouvement associatif. Les amendements envisagés également, la commission de travail qui les a élaborés n’a été ouverte qu’à quelques associations choisies par l’administration.

Le but que nous poursuivons ne pourra être réalisé qu’en partenariat entre la société civile, et notamment les associations féministes et les défenseurs des droits de la personne, et le Gouvernement. C’est dans cet esprit que nous vous présentons quelques recommandations.

 

This page was last updated on March 22, 2005

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