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Statement by Nadia Ait-Zai, Centre des Documentation les Droits des Femnes
To the Committee on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women
On the Second Periodic Report of the Government of Algeria
10 January 2005


Les recommandations

Nous recommandons :

Sur le code de la famille

-De mettre les lois sur la famille en conformité avec la loi constitutionnelle algérienne qui consacre le principe d’égalité et de non discrimination. Pour cela, dans une première étape de transmettre au Parlement les amendements tels qu’ils ont été élaborés et d’accompagner ces réformes par une campagne de sensibilisation, à laquelle participeraient les associations féministes, sur les valeurs et principes de la Convention.

Les pratiques de l’Etat et les pratiques des pouvoirs publics

  • D’ores et déjà, nous recommandons de lever les réserves immédiatement à l’article 2 afin que le Gouvernement puisse poursuivre par tous les moyens appropriés l’élimination des discriminations basées sur le sexe dans les institutions, les corps organisés, les pratiques administratives, comme par exemple la non reconnaissance de la capacité des femmes dans certains actes de la vie publique et civile, le témoignage, le contrat d’assurance vie, l’impossibilité pour la mère de gérer le compte d’épargne de l’enfant qu’elle alimente elle même , et la restriction faite aux femmes par la Compagnie nationale aérienne d’occuper certaines places dans les avions.
  • Nous recommandons également qu’un Observatoire sur les discriminations dans l’administration et les institutions publiques soit mis en place et composé de personnalités connues pour leurs actions en faveur des femmes. Cet Observatoire devra publier un rapport annuel.
  • Nous demandons que soit mis en oeuvre la décision portant création d’un Conseil National des femmes instauré par décret en 1998 et qui n’a jamais été installé.

Sur la Violence

Considérant d’une part les résultats de la première enquête nationale sur la violence à l’encontre les femmes menée en Algérie de 2002 à 2004 et que 74% de ces violences sont des violences domestiques, et d’autre part sachant que la violence conjugale est très généralement perçue dans la société comme une affaire privée, nous recommandons qu’elle soit considérée comme un délit spécifique dans le code pénal et que cette qualification soit accompagnée de mesures de protection des victimes et d’éloignement des auteurs.

Les mesures temporaires

Sur le travail

-Concernant le travail et l’emploi des femmes la législation ne contient pas de dispositions discriminatoires, mais la situation des femmes dans ce domaine est préoccupante. Le gouvernement n’a pris aucunes mesures temporaires pour garantir l’égalité des chances. Les programmes spéciaux visant à résorber le chômage et la crise que connaît l’Algérie dans sa période de libéralisation économique sont des programmes neutres, à une exception prés ceux concernant les femmes rurales. Aucun programme n’a été élaboré au bénéfice des femmes. Nous recommandons l’élaboration de programmes spécifiques pour les femmes et les jeunes femmes.

Sur la participation politique

La femme possède les mêmes droits politiques que l’homme mais en réalité sa présence dans la vie politique reste faible sinon symbolique. Les femmes politiques de toutes tendances confondues rencontrent de multiples obstacles à l’intérieur de leurs partis et sont très souvent mal placées sur les listes électorales. Comme dans de nombreux pays, et de la région l’instauration d’un quota de femmes pourrait enclencher un processus irréversible de meilleure participation. Aussi nous recommandons l’instauration d’un quota avec des mécanismes de contrôle sur les résultats

Concernant les Réserves :

  • Pour conclure, nous rappelons au Gouvernement algérien que la Constitution algérienne instaure la primauté de la loi internationale sur la loi nationale, que l’Algérie a ratifié la Convention de vienne qui oblige les Etats parties à ne formuler aucune réserve sur l’objet des traités ratifiés, que les réserves faites par l’Algérie tombent sous le coup de cette interdiction.
  • Nous recommandons au gouvernement Algérien, dans le respect de la Constitution algérienne et de ses engagements internationaux de lever les réserves à la Convention et de tout mettre en oeuvre pour que la législation algérienne soit en conformité avec celle-ci.

 

This page was last updated on March 22, 2005

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